Jessye Ella Ekogha face aux journalistes

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Avant de passer sous le feu roulant de leurs questions, le porte-parole de la Présidence de la République il a tenu un propos liminaire. L’occasion pour lui d’évoquer l’actualité internationale (l’élection du Gabon au Conseil des droits de l’Homme de l’ONU, la 1ère édition de la Journée de l’Intégration en Afrique centrale…) comme nationale (la situation épidémiologique en rapport avec l’épidémie de Covid-19, les mesures d’assouplissement de l’état d’urgence, les travaux de la task force sur la dette intérieure). Nous en reproduisons ici les principaux extraits. 

A L’INTERNATIONAL

L’élection le 13 octobre dernier du Gabon comme membre du Comité des droits de l’Homme de l’ONU

Je ne reviendrais pas sur l’importance de cette institution dans le système onusien. Je voudrais en revanche rappeler les raisons qui ont concourues à cette élection. D’abord, SE M. Ali Bongo Ondimba est particulièrement impliqué, engagé en matière diplomatique, tant sur la scène régionale – je vais y revenir – que continentale et internationale. Conséquence : la diplomatie gabonaise est, à juste titre, reconnue comme l’une des plus actives en Afrique. Ensuite, notre pays est en pointe sur plusieurs sujets fondamentaux qui relèvent des droits de l’Homme : l’égalité femme – homme, avec notamment un rapport important remis récemment au chef de l’Etat par la Fondation Sylvia Bongo Ondimba pour la famille ; la lutte contre toutes les formes de discrimination ; ou encore tout ce qui est rattaché aux droits de vivre dans un environnement sain, pour nous comme pour les générations à venir.

C’est la conjugaison de l’ensemble de ces facteurs (forte implication à l’international du Président, activisme de notre diplomatie, avancées importantes en matière de droit de l’Homme) qui a permis au Gabon d’emporter la décision et d’obtenir son élection au sein du Conseil des droits de l’Homme de l’ONU. Instance dans laquelle il siègera durant les trois prochaines années.

L’allocution radio-télévisée du président Ali Bongo Ondimba à l’occasion de la 1ère édition de la Journée de l’Intégration en Afrique centrale le 18 octobre dernier

Je parlais à l’instant de l’activisme diplomatique du président Ali Bongo Ondimba. L’actualité récente nous en offre une nouvelle illustration. Dimanche dernier, 18 octobre, SE le Chef de l’Etat a fait une allocution radio-télévisée pour célébrer la première édition de la Journée de l’Intégration en Afrique centrale, en même temps que le 37 ème anniversaire de la Communauté économique des Etats de l’Afrique centrale.

A cette occasion, nombreux sont ceux à avoir rappeler la réforme, qualifiée d’historique, que le Chef de l’Etat, qui est aussi le Président en exercice de la CEEAC, a portée sur les fonts baptismaux à l’occasion du sommet extraordinaire de Libreville en novembre dernier. Une réforme qui révolutionne l’architecture institutionnelle de cette organisation et qui, après avoir été entérinée par les Parlements nationaux de la sous-région, celui du Gabon, notamment, commence à entrer en vigueur. C’est le cas notamment de la désignation, fin juillet, de la nouvelle Commission qui remplace l’ex-Secrétariat général.

Je vous rappelle le sens de cette réforme : doter la sous-région d’une nouvelle architecture institutionnelle pour davantage d’intégration et, in fine, plus de paix, de prospérité partagée et de solidarité au sein de l’espace sous-régional.

Car la CEEAC est le cadre qui permet de donner une dimension supérieure à
toute une série de politiques publiques.

Echange entre Ali Bongo Ondimba et ses pairs de l’UA

Pas plus tard qu’hier, le Chef de l’Etat s’est entretenu avec ses pairs lors d’une visioconférence de haut niveau de l’Union Africaine sur la stratégie de riposte à la Covid-19 et la situation de l’intégration régionale. Il y a prôné notamment le développement d’une offre nationale et régionale diversifiée à travers l’industrialisation.

Nkok, classé meilleure ZES en 2020 dans le secteur du bois

Le parfait exemple des retombées positives de la politique d’industrialisation des pays, notamment du Gabon, est la nouvelle consécration à l’international de la ZES de Nkok en tant que meilleure zone économique spéciale du monde dans le secteur bois pour l’année 2019 par le FDI Magazine, après différentes autres récompenses obtenues en 2015 et 2016.

La ZES de Nkok, c’est aujourd’hui 99 entreprises pour plus de 4 000 emplois directs et autant d’emplois indirects. C’est donc très concret pour les populations avec des retombées importantes pour notre économie.

AU GABON

Situation sanitaire : tous les indicateurs sont au vert grâce à une riposte efficace

Comme le répète régulièrement le Président Ali Bongo Ondimba, « gardons-nous de tout triomphalisme ». Mais tout de même. A date, le Gabon ne compte guère plus de 300 cas actifs. Le nombre de guérisons dépassera bientôt celui des contaminations, devenues marginales. Le taux de létalité, lui, est l’un des plus faibles d’Afrique. A l’inverse, le Gabon est, sur le continent, l’un de ceux qui, par tête d’habitant, teste le plus sa population. Déjà, l’équivalent de 10 % de la population a été dépisté. Ce qui est massif.

Ces résultats, ces performances, sont le fruit de trois facteurs : d’abord, des décisions prises très tôt, dès avant même l’apparition sur le territoire du virus, par le Président Ali Bongo Ondimba ; ensuite, la solidité de notre système de santé et le haut-niveau de professionnalisme de nos personnels médicaux ; enfin, le sens de la discipline collective des Gabonais qui, dans leur ensemble, ont respecté les gestes barrières et les mesures d’hygiène.

Cet effort collectif doit d’ailleurs être poursuivi. Que ce soit le port du masque, le respect de la distanciation physique, le lavage fréquent des mains, etc., il nous faut continuer. C’est le meilleur moyen d’épargner des vies.

Les mesures d’assouplissement de l’état d’urgence sanitaire

Ce sont ces bonnes performances sur le front de la riposte anti-Covid qui ont conduit le Président de la République, la semaine dernière, à décider de l’assouplissement d’un certain nombre de mesures prises dans le cadre de l’état d’urgence sanitaire.

Je ne vais pas ici vous en faire la liste mais plutôt vous en rappeler la philosophie générale. Ces mesures ont fait l’objet d’un arbitrage qui prend en compte à la fois la nécessaire protection sanitaire des populations et la volonté de s’acheminer progressivement vers le retour à la normale en privilégiant les pans les plus essentiels de la vie économique et sociale dans notre pays.

A tous ceux qui, de manière assez imprudente, appellent à une levée plus brutale, plus hâtive ou plus générale des précautions sanitaires, je ne saurais trop leur conseiller de regarder la situation ailleurs. Des pays où le virus avait semble-t-il disparu font face depuis plusieurs semaines à une résurgence subite de l’épidémie.

C’est la preuve qu’en cas de relâchement, la sanction peut être terrible. Et en ce cas, les efforts et même les sacrifices consentis par les Gabonais depuis le mois de mars l’auront été en pure perte. C’est pourquoi il faut mûrement réfléchir chaque décision et éviter de sombrer dans un populisme facile consistant à dire que, puisque le virus ne circule quasiment plus, il n’est plus nécessaire d’observer certaines précautions. Je le dis, ce serait une folie. Si nous n’y prenons garde, l’épidémie peut repartir, à tout moment.

La dette intérieure et le remarquable travail de la task force

La Présidence voudrait d’abord souligner le remarquable travail, toujours en cours, de la task force sur la dette intérieure, qui est composée d’une équipe multidisciplinaire de très haut niveau.

Le travail de cette task force est, on peut le dire, salutaire. Il a permis de démontrer que sur les 559 milliards de francs CFA audités à ce jour, les deux tiers étaient en réalité fictifs, c’est-à-dire sans réelle contrepartie. Ce qui représente un montant colossal de 370 milliards. Et encore, seule une partie de la dette intérieure a été auditée pour l’instant.

Ce travail, remarquable je le redis, et exemplaire du fait notamment de sa méthodologie rigoureuse, est fondamental aux yeux du Chef de l’Etat. Pour plusieurs raisons. D’abord, en cette période particulière, chaque denier public doit faire l’objet d’une attention particulière. Ensuite, parce que – et je resterais pudique à ce sujet pour l’instant – face au ratio important de dettes en réalité purement fictive – les deux tiers –, il se pourrait que l’on soit en présence d’un « système », au sens organisationnel du terme, de détournement de fonds publics. En ce cas, la Justice serait appelée à se prononcer. Enfin et corrélativement, le président Ali Bongo Ondimba a déclaré une guerre sans merci à certaines pratiques : la corruption, le détournement de fonds publics, l’enrichissement illicite et tout ce qui s’y rapporte. A certains égards, les travaux de la task force sur la dette intérieure s’inscrivent dans cet effort inédit par son ampleur.

L’argent du Gabon doit servir au développement du Gabon et à l’amélioration des conditions de vie des Gabonais. Nulle entorse à cette règle ne saura être tolérée. Le Président l’a dit : il sera, sur ce point comme sur d’autres, « exigeant et intransigeant ».

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