CORONAVIRUS : LES LIMITES DU CONFINEMENT DU GRAND LIBREVILLE

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Entré en vigueur, dimanche 12 avril 2020 à minuit, le confinement du Grand Libreville décrété par les autorités gabonaises en vue de contenir la diffusion du Coronavirus dont le nombre des victimes ne cesse de s’accroître, connaît des limites dans la capitale gabonaise et ses environs. Car, entre l’insouciance notable des populations et l’impréparation du gouvernement, doutes subsistent quant à l’efficacité de cette mesure.

Pour avoir fait ses preuves dans des pays comme la Chine, les Pays-Bas, et même en Italie où on observe depuis quelques semaines, une diminution progressive et remarquable du nombre des contaminations, la stratégie du confinement est de plus en plus adoptée par la plupart des États frappés par la pandémie du Coronavirus, une maladie jusqu’ici sans traitement spécifique. En Afrique, malgré la précarité des économies déjà durement frappées par la chute des cours des matières premières, certains pays choisissent le confinement partiel ou total, c’est selon l’entendement de chacun. Pour sa part, après un confinement partiel à travers l’instauration d’un couvre-feu de 19h30 à 6 h, visiblement sans succès extraordinaire, en juger par l’augmentation quasi-quotienne du nombre des personnes contaminées, les autorités ont décidé de passer à la vitesse supérieure en décretant un confinement total et plus strict de la capitale Libreville et ses environs et ce, pour une durée de deux semaines.  

Seulement, ce confinement du Grand Libreville à peine amorcé suscite déjà un bilan mitigé au troisième jour de son entrée en vigueur. Si le premier jour a été globalement respecté, l’ouverture des marchés le lendemain seulement a donné lieu à une ruée vers les surfaces commerciales et autres boutiques. Car l’ouverture des marchés induit automatiquement le mouvement des clients. Tout cela au mépris des mesures barrières par les populations insouciantes qui se bousculent avec le seul objectif de se procurer coûte que coûte la nourriture, quitte à se faire contaminer. 

À cette insouciance presque généralisée, de la population, s’ajoute les incohérences dans la démarche du gouvernement qui s’est empressé de décréter le confinement du Grand Libreville, alors que la mise en pratique des mesures annoncées par le président Ali Bongo n’était pas encore achevée. 

Tenez par exemple la distribution des kits alimentaires qui n’a débuté que le lendemain mardi, tandis que le confinement était déjà en vigueur dès lundi la veille. Non sans oublier la cacophonie dans les enregistrements pour bénéficier des bons d’achat auprès des chefs de quartiers, enregistrement au cours desquels on a observé des masses des populations agglutinées, là encore sans respect des mesures barrières. Et avec la diffusion inquiétante du Coronavirus à Libreville, on imagine déjà combien de personnes ont contracté le virus lors de ces bousculades. Au tant de manquements qui témoignent de la légèreté du confinement qui pourtant coûte beaucoup à l’État, alors que celui-ci devrait être plus strict pour parvenir à maîtriser la chaîne de contaminations qui prend de l’ampleur. Voilà ce qui devrait interpeller le gouvernement pour rectifier le tir afin d’éviter au pays, un sacrifice vain par un confinement léger. Car aussi douloureux qu’il puisse paraître, un confinement strict reste à ce stade le seul remède efficace contre une maladie qui menace tous les piliers du pays. 

gabonquotidien

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