Covid-19/port du masque obligatoire : salvateur, mais controversé

0

Non pas que la mesure, qui n’est d’ailleurs pas nouvelle, soit de trop puisqu’elle fait bien partie des prescriptions préventives contre le Coronavirus, mais simplement parce qu’elle suscite débat, le port obligatoire du masque dans tous les lieux et espaces publics à compter d’aujourd’hui, vient relever à l’analyse quelques inquiétudes majeures.

En commençant par celle concernant les habitudes liberticides d’une bonne frange de la population chez laquelle l’empirisme l’emporte encore sur la vision scientifique des choses qui n’a pas que du bon, mais qui a le mérite d’en avoir approximativement plus que le mal. Cette frange de la population à cause de laquelle on est en partie arrivé à l’instauration de l’état d’urgence et de son corollaire, le confinement du Grand Libreville. C’est aussi en grande partie à cause d’elle que très certainement nous vivons avec effroi aujourd’hui le phénomène d’accélération du nombre de cas déclarés positifs au Coronavirus.

Notre aîné ‘‘Mackjoss’’, paix à son âme, avait dans une de ses chansons (la vie), prononcé des mots révélateurs d’un certain état d’esprit que manifestent les habitués des libations : « …mais musique et vin égal bon mariage, la vie a refusé de travailler pour boire et danser… ». C’est qu’en ayant laissé pendant longtemps les bars ouvrir, on encourageait non seulement la promiscuité, mais aussi la propagation de la maladie dont on peut avec certitude avancer, qu’en dehors des cas importés, ce sont surtout ceux qui ont, pour une raison ou une autre, négligé l’observation des mesures barrières qui l’ont contractée. Ce qui explique qu’aujourd’hui, pas nécessairement parce que le pic n’est pas encore atteint, nous ramions à contre- courant des grands foyers de la pandémie qui réfléchissent déjà à un déconfinement qu’ils situent comme en France par exemple à la mi- mai.

Le port du masque obligatoire pose cependant quelques préalables au nombre desquels celui qui nous amène nous demander, puisque des masques artisanaux sont fabriqués ci et là, quelle garantie nous procurent-ils ? Ça, c’est de un et de deux, y aura- t- il des masques disponibles pour tous, pour ne pas que comme avec les gels, nous ne soyons face à une rupture des stocks ? Et de trois, s’interroge-t-on sur la qualité de tous les produits qui seront commercialisés, c’est- à- dire leur capacité à protéger durablement l’usager ? Et de quatre, qu’à- t- on fait des 1.500.000 masques commandés pour tous par le président de la République et de ceux remis par le milliardaire chinois MA, nonobstant le fait que les personnels soignants et les Forces de Défense et de Sécurité, ce qui est normal, aient été priorisés dans la distribution ?

Questions auxquelles nous voulons que l’on réfléchisse pour apporter une réponse claire aux Gabonais qui attendent d’être édifiés, pas parce qu’ils sont animés du désir de demander des comptes à qui que ce soit, encore que c’est leur droit, ou qu’ils se sentent incapables de se procurer chacun un masque, fut-il de fortune, c’est après tout leur quotidien, mais parce qu’en dépit de toutes les considérations, ils tiennent comme les autres à leur vie. C’est Pierre- Claver Akendengué à qui nous devons de reconnaitre que tout peuple est considérable.

refletsgabon

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici